K, l’édition, est constituée de huit cahiers, dont 7 sont consacrés aux chapitres du projet, 7 discours - K comme Mirage; K comme Ennemi ; K comme Carrière ; K comme Pompéi ; K comme Château en Espagne ; K comme Arrière Cour; K comme Paysage avec ruine - et le huitième offre un commentaire général. Les 7 sont des narrations distinctes se déroulant en parallèle, et se faisant parfois écho, entraînant à chaque fois la relecture du récit dans une perspective différente. D’un cahier à l’autre le lecteur est en quelque sorte invité à entrer une nouvelle fois dans le même fleuve.

La suite des pages déploie un flux constitué d’images et de mots, où les chronologies et les provenances de documents s’entremêlent. Ce « mélange » non linéaire n’a tout de même rien d’aléatoire, le flux est structuré, en fonction de la recherche iconographique influencée par mon propre système de préférences. Les images et les mots qui ont constitué les cahiers sont issus de mes réservoirs de matière documentaire que j’ai pu accumuler au cours de quatre années de travail. Ce sont pour la plupart des choses trouvées – documents photographiques et filmiques, témoignages oraux et écrits – accompagnés de quelques images que j’ai pu, ou que j’ai dû filmer moi-même. Les légendes, qui offrent une information factuelle − coordonnées historiques et sources de ces documents − sont regroupées à la fin de chaque cahier, pour ne pas interférer avec l’espace de narration visuelle.

Lors de la conception des cahiers j’ai testé de nombreuses variantes, arrangé et réarrangé les éléments entre eux plusieurs fois, enlevé et ajouté des images… J’ai voulu que la mise en page finale garde trace de cette fluidité de possibles propre à un plan de travail ou à une table de montage, donner l’impression d’une matière vivante jamais immobilisée. Ainsi j’ai organisé la disposition des images de sorte qu’elles restent nomades, mobiles, rarement vraiment centrées ou alignées, qu’elles touchent parfois aux marges, se coincent dans les plis de la reliure. La forme du livre m’a tout de suite semblée logique, puisqu’elle induit naturellement une temporalité. C’est presqu’un film, qui défile à la vitesse qu’on choisit de lui donner en feuilletant les pages.

 

K comme Mirage

K comme Ennemi

K comme Carrière

K comme Pompéi

K comme Château en Espagne

K comme Arrière-Cour

K comme Paysage avec ruine