© Elizaveta Konovalova 2019

Série en cours depuis 2014.

Documentation photographique de marques laissées par les cigarettes, régulièrement écrasées aux murs dans les espaces publiques.

Impression jet d'encre à l'échelle 1:1 sur du papier dos bleu. Les tirages sont collées à même le mur dans l'espace d'exposition en respectant la hauteur du sol d'origine des fragments photographiés. 

Suie – est une série en cours que je poursuis depuis 2014.

Par le biais de la photographie je fixe les dessins trouvés, produits par l’écrasement de cigarettes aux murs. L’accumulation des traces de ce geste quotidien marque spontanément l’espace publique – routinier comme une habitude ou incontrôlable comme un tic.

Dans le contexte du projet (urbain) – ce type de traces de la présence humaine est assimilé à une déviation, généralement elles n’ont pas d’autre valeur que de signaler la dégradation ou l’usure, indésirables.

Ce travail se consacre dans un premier temps au repérage de ces formes – marginales, niées – pour ensuite les re-contextualiser dans l’espace d’exposition et leur donner du sens. La persistance de ce geste révèle une écriture, naturelle, primaire et en même temps délicatement subversive.

 

La documentation de ces marques se poursuit avec la reproduction : je réalise les tirages sur du papier dos bleu à l’échelle 1:1, et je les dispose ensuite au mur en préservant la hauteur du sol d’origine du fragment photographié. Cette hauteur correspond naturellement au niveau de la main. Ainsi je laisse le geste migrer et s’introduire dans l’espace d’exposition.

L’absence du cadre, l’épaisseur minimale du support qui permet la fusion des deux surfaces – celle du mur récepteur et de l’image – le coté éphémère et jetable des tirages sont là pour dire que nous ne sommes pas en face d’un objet, mais d’une observation, qui circule librement et émerge ponctuellement au sein d’un espace.

Il n'y a pas si longtemps la suie était surnommée de maladie des mégalopoles. Recouvrant discrètement toutes les surfaces accessibles elle teintait des villes entières en noir. En donnant ce titre à la série j’ai imaginé ces taches solitaires, éparpillées dans l’espace urbain, comme faisant partie d’un seul et même tissu, résultat d’un même phénomène qui se manifeste à un endroit ou un autre.

La matérialité de la suie témoigne de l’histoire. Cette capacité d'impression directe, de fixation du temps dans la matière la rapproche de la photographie – la surface y est réceptive.

 

Ces dessins trouvés sont le résultat de l’interaction permanente du corps et de la surface, l’effet d’une multitude de touchers.  Les murs telles des surfaces (photo-)sensibles absorbent et préservent les traces de l’action collective : perturber le monochrome du mur, avec le désir assumé ou inconscient de marquer le paysage.

Сажа (Домодедово) : фрагмент длиной 1,5м из общей композиции более 47м длиной