© Elizaveta Konovalova 2019

Vidéo, son | boucle

Kaliningrad, 2015.

La vidéo est un plan fixe mis en boucle. Lumière faible, ombres incertaines, sons rares de voitures : le paysage se révèle par fragments, brouillant les indices spatiaux du lieu où il se produit.

La camera fixe une surface de verre, frontalement.

Les lumières blanches et rouges des phares des voitures qui passent à proximité se réfractent, s’accrochant aux fissures. Les étincelles fugitives retracent le dessin en toile d'araignée d'une vitre brisée.

Nous sommes dans la cage d'escalier d'un immeuble, face à une fenêtre criblée d’impacts de balles. Nous sommes dans le centre-ville de Kaliningrad, 12 rue Gorky, en avril 2015. Pourtant, l'image, elle, n'est aucunement attachée à un endroit spécifique, et cette information reste hors champ. Ainsi que l’origine de ces marques sur la vitre. La vraie histoire demeure inconnue, elle devient donc une des histoires possibles.

Etoiles – carte – araignées d’eau – balles traçantes – sapin de Noël : l'abstraction du cadre tend vers diverses associations, balançant entre contemplation et anxiété. Le calme et l'agression, le quotidien et la guerre fusionnent et coexistent dans cette image, superposée comme un filtre sur la vue.